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Tous les romans de la série Les voies de l'ombre ont été critiqués sur Anamor.
Interview réalisée le 11 octobre 2010
JC (Jérôme Camut) : Un peu des trois mon capitaine. Mais contempler mes contemporains est un de mes passe-temps favoris. Pendant ce temps, je gamberge à des histoires.
NH (Nathalie Hug) : Moi, j’épie surtout. J’adore observer les gens, deviner ce qu’ils vont faire l’instant d’après…et me laisser surprendre !
Impossible, désolé. Nos romans ne se ressemblent pas. Nous partons toujours sur des pistes que nous n’avons pas encore explorées. Parfois, on cherche à porter l’espoir, parfois l’inverse. On peut s’intéresser à l’individu, aux dérives de la société, à certaines avancées médicales gâchées par l’appât du gain ou à la noirceur de l’âme humaine. A sa grandeur, parfois.
Être pour ou contre la marche du temps ? Dans un cas, on passe pour des réacs, dans l’autre pour des pseudo-visionnaires, non ?
L’objet est pratique, et pas uniquement pour lire des romans. On peut emporter de la doc, une bibliothèque entière si ça nous chante. En revanche, il va falloir repenser un certain nombre d’habitudes. Comme par exemple les rayonnages couverts de livres contre le mur. D’ici quelques décennies, ils auront peut-être disparu. Mais ce n’est pas le pire…Pensez aux métiers du livre…
JC : Quand je viens pour la première fois chez quelqu’un, j’aime bien me planter devant sa bibliothèque pour essayer de connaître mieux cette personne. Difficile de dire dans ce cas, passe-moi ton ebook, après on cause !
Il vaudrait mieux poser cette question à un autre, ou nous poser la même question concernant un auteur que nous aimons.
JC : C’est vrai que nous sommes des bêtes de style, dotés d’un imaginaire inouï et d’une singularité exceptionnelle. Mais franchement, on dit ces choses là ?
NH : Plus modestement, je pense que nous sommes de bons raconteurs d’histoires et que nous savons traiter différents genres.
JC : dans le silence, seul et rarement plus de trois heures d’affilée. Le matin de préférence, je suis plus frais, et en fin d’après midi, quand l’écriture devient presque automatique.
NH : n’importe où, n’importe quand, même quand les enfants tournent autour. Quand j’écris, le monde disparait. Je peux me lever pour écrire la nuit, ou travailler pendant que les gamins sont à l’école. Ca dépend des jours. Ce doit être hormonal ! :)
JC : Parfois, un article de journal, une sale trogne croisée, ou quelqu’un de lumineux au contraire.
NH : Tout est source d’inspiration. Chaque stimulus, image, son, odeur peut déclencher l’idée.
JC : j’ai toujours eu envie de raconter des histoires. Mais j’ai cru d’abord vouloir le faire en film. Alors j’ai cherché à devenir réalisateur. Ca ne m’a pas plu, pour bien des raisons, mais la première est que je n’aime pas compter sur d’autres que moi (et Nathalie, ça va de soi). L’écriture était déjà là, je n’ai fait que m’y consacrer à plein temps.
NH : J’ai toujours écrit. Ca me faisait du bien. Inventer me sortait de cette vie que je trouvais moche et ennuyeuse quand j’étais ado. Je n’ai jamais arrêté.
JC : Un petit texte vers 8 ans. Je revisitais le débarquement de la seconde guerre mondiale. Et puis rien jusqu’à 21 ans, où j’ai commis un roman qui ne sortira pas de mon tiroir. Ensuite, ça a été Malhorne, à 29 ans. Je crois que je n’aurais pas pu m’embarquer dans un projet pareil plus jeune.
Heureusement que le style évolue, quel que soit le sens de cette évolution. Rien n’est figé. Et puis, écrire, c’est surtout un savoir faire, qui se travaille, s’affine, se perfectionne, comme n’importe quel savoir faire.
NH : Nous aimons expérimenter des styles différents. Nos trois derniers romans, Les Eveillés, 3 fois plus loin et Les yeux d’Harry sont écrits différemment, en fonction de l’histoire. Le style est là pour porter l’intrigue et les personnages. Avec le 4ème volet des voies de l’ombre qui sort le 3 novembre, Rémanence, nous retrouvons un style plus sec, plus nerveux. Mais qui aura forcément évolué depuis Instinct. Il s’est passé deux ans…et 3 romans.
Comme dit plus haut, suite et fin des aventures de Kurtz le 18 novembre avec Rémanence.
Nathalie publiera « l’Enfant rien », littérature générale, chez Calmann-Lévy, le 5 janvier 2011.
Sinon, nous travaillons sur un thriller pour 2011. Le chantier est bien avancé et l’histoire très ambitieuse. Quant à JC, il s’est lancé dans un nouveau roman fantastique.
Nous vivons ensemble, travaillons ensemble, créons ensemble. C’est un choix délibéré de notre part et nous aimons ça. Les moments privilégiés de la vie à deux, c’est tous les jours. Par exemple, en ce moment, nous avons mis l’écriture entre parenthèse le temps de finaliser le plan de notre prochain thriller. Travailler signifie discuter, échanger des idées, proposer le meilleur pour l’œuvre à venir. C’est jubilatoire et très satisfaisant. Allez donc trouver à redire à un Eden pareil !
Abandonner, non. Si l’un d’entre nous aime une idée, elle verra le jour. C’est ce qui s’est passé avec l’Enfant rien. Au début, c’est une idée de Nathalie. Elle me l’a proposée et je ne voyais pas trop comment m’y glisser. Elle l’a écrit seul et c’est parfait ainsi.
Mauvais esprit, ça !
Non, c’est beaucoup plus simple. Nous n’avions pas achevé l’histoire avec Instinct. Pas totalement. Il restait à décider du sort des enfants malmenés dans les trois premiers tomes. Voici chose faite.
Non, c’est Kurtz lui-même qui nous a inspiré. Et à notre avis, c’est le moins détraqué de tous les personnages de la trilogie (euh... tétralogie !)
L’écriture à quatre mains est un exercice que nous ne pourrions en aucun cas pratiquer avec quelqu’un d’autre. C’est une vraie collaboration, où chaque phrase est construite à deux.
Vous souvenez vous de cette scène du film Ghost où Demi Moore et Patrick Swayze faisaient de la poterie ? Nous c’est pareil...
L’histoire est conçue à deux, ensuite l’un des deux pose la terre sur le tour et l’autre commence à lui donner une forme, puis le premier repasse, et ainsi de suite...
Nous sommes des réécrivains...
Le projet d’adaptation de Prédation au cinéma avance... Lentement mais sûrement !
Civilité : 
Prénom : Nathalie
Nom : Hug
Pays : France 
Naissance : 1970

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