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George Morton, milliardaire américain est retrouvé mort suite à un accident de voiture. Principal mécène d'un mouvement écologiste, celui-ci venait juste de faire savoir qu'il avait décidé d'arrêter de le soutenir. S'agit-il d'un meurtre ou d'un simple accident ? A partir d'indices mystérieux, ses proches mèneront l'enquête afin de remonter le fil de ses derniers instants.
Ce livre de Micheal Crichton ne peut vous laisser indifférent. Avant tout, nous avons droit à tous les ingrédients du best seller (et du futur film à succès) : histoire prenante, action et courses poursuites aux 4 coins du globe, histoire d'amour, rebondissements, lobby machiavélique : on ne nous laisse pas souffler une seule seconde, et on dévore chaque page tellement on veut en savoir plus.
Crichton est un passionné de science, et l'un de ses fers de lance est la dénonciation de l'abus et des dérives qu'elle entraine. Ce livre n'échappe donc pas à la règle. Partant du principe que les organisations écologistes sont subventionnées par les gouvernements, l'auteur se pose légitimement la question suivante : s'il n'y avait pas de menace écologique, il n'y aurait pas de financement pour ces organisations, et donc, est-t-il possible que les conclusions avancées des scientifiques soient volontairement orientés ? (en d'autres termes, les organisations écologistes n'ont aucun intérêt à dire qu'il n'y a pas de menace écologique, au risque de voir leur financement supprimé). Tout au long du livre, l'auteur nous montre que tout peut être sujet à interprétation, et qu'a partir des mêmes rapports scientifiques, nous pouvons faire dire des choses totalement différentes. Même si nous sommes dans la pure fiction (aucunes des organisations n'existe vraiment), tous les faits scientifiques avancés sont véridiques (avec référence bibliographique à l'appui), ce qui donne une grande force aux arguments de Crichton. Arguments, qu'il oriente de la même façon que ceux qu'il cherche à dénoncer (avec parfois autant de mauvaise foi), qui en d'autres termes, peuvent se résumer au fait qu'il n'y a aucun problème écologique et que l'homme n'est aucunement responsable de ce qui peut se passer. Plouf, le pavé dans la marre est lancé, générant une polémique grandiose contre ce « pamphlet blasphématoire ». Mais le vrai message du livre n'est pas là : ce qu'il faut retenir, c'est que peu importe les faits, on peut toujours leur faire dire ce qui nous intéresse. Il faut avant tout penser par nous-même, et qu'avant de prendre l'information (et la science) comme une vérité, il faut se demander si les personnes qui la véhiculent n'ont pas un certain intérêt caché. (On peut se rappeler par exemple le nuage radioactif de Tchernobyl qui s'arrête, scientifique à l'appui, à la frontière belge...)
Au bout du compte, en plus d'un grand livre d'aventure à en couper le souffle, Michael Crichton nous fait réfléchir sur tout ce que peuvent nous présenter les médias, et sur tous ces « faits » scientifiquement prouvés. Du coup, sans tomber dans la paranoïa, on voit les choses d'une façon très différentes après la lecture de ce livre.
Etat d'urgence a suscité 1 commentaire.
Titre : Etat d'urgence
Première parution : 2005
Catégorie : Polars/ Thrillers
Article écrit le : 15 mars 2010
Michael Crichton
Naissance : 23 octobre 1942
Mort : 4 novembre 2008
4 oeuvres commentées
Pseudo : Adol
Statut : Membre
Nombre d'articles écrits : 23

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JJ Bruxelles
03 août 2011
Ce qui m'a fasciné, enthousiasmé et littéralement collé au livre, c'est la suite ininterrompue de références scientifiques que Micheal Crichton décortique pour étayer son ouvrage.
Ce livre va à l'encontre de tous les lieux communs et idées reçues dont les organes traditionnels d'information nous abreuvent à propos de l'écologie, et chaque concept développé, chaque thème abordé, est étayé par des chiffres, et des références précises de publications scientifiques neutres.
Au-delà d'un simple roman, ce livre est aussi bien une dénonciation du bourrage de crâne médiatique dont nous faisons l'objet qu'une invitation au refus des idées toutes faites.
Je n'en prendrai pour exemple que la fameuse hausse du niveau des océans (un des thèmes-clé de la trame du livre) dont il nous démontre, chiffres et références à l'appui, qu'il ne s'agit que d'une vaste escroquerie intellectuelle.