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Titre : Je suis une légende
Auteur : Richard Matheson
Parution : 1954
Catégorie : Science Fiction
Article écrit le : 02 février 2010

Imaginez un monde où un virus aurait transformé l’humanité en vampires. Imaginez-vous, ultime survivant de votre espèce, retranché dans votre maison. C’est cette vision apocalyptique que nous présente Richard Matheson dans ce livre. Alors qu’il peut se balader dans une ville déserte en journée, le héros, Robert Néville, doit se barricader chez lui la nuit venue et faire face aux attaques incessantes des vampires, qui ressemblent ici plus à des sortes de zombies que de ce qu’on a l’habitude de voir (oui, on est très loin du romantisme de Twilight).
Malgré le fait qu’il date de 1954, l’écriture du livre est suffisamment bien tournée pour ne pas rentrer dans des détails trop techniques, qui font que l’action reste intemporelle, même 50 ans après. Ici, c’est l’impression de solitude et d’enfermement qui sont omniprésentes. On souffle et on sourit quand l’auteur nous narre les péripéties des journées de Robert, mais chaque soir, la pression monte, les attaques se font de plus en plus intenses, les vampires semblent devenir de plus en plus intelligents, et on a l’impression de sombrer de plus en plus dans ce qui ressemble en quelque sorte au tombeau de l’humanité. Et c’est sur ces derniers points que le livre montre son intérêt : comment pouvons nous définir l’intelligence ? Qu’est ce qu’une société ? Comment peut-on se définir quand on est le dernier humain sur terre, l’exception, ou l’erreur, parmi des êtres qui dominent maintenant le monde ?
Même si on a affaire à un livre de SF, on ne peut s’ôter de l’esprit qu’il a été écrit quelques années à peine après la seconde guerre mondiale et au début de la guerre froide, et qu’il y a forcement quelques analogies à y trouver quand on y parle d’une nouvelle société dominante. Quoiqu’il en soit, on rentre très facilement dans cette histoire, on sourit parfois, on tremble souvent, et on en ressort forcément un peu troublé. Un très bon livre donc.
J’en profite pour faire une petite parenthèse concernant les adaptations cinématographiques qui en ont été faites, dont une très récente avec Will Smith : on est à 1000 lieux du livre. Hollywood a la fâcheuse tendance à réécrire les histoires à sa sauce, et même si on retrouve les grandes lignes du roman, tout ce qui fait sa profondeur est remanié pour rester « politiquement correct » avec son « happy ending ». Dommage.
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