Anamor

Au Bonheur des Dames

Critique de l'œuvre

Sous le Second Empire, Denise Baudu et ses jeunes frères quittent leur Normandie natale pour Paris. Ils y sont accueillis par leur oncle, patron d'un commerce de tissus, qui lutte tant bien que mal contre la concurrence d'un magasin de nouveautés grandissant sans cesse : Au Bonheur des Dames. La jeune femme, bien décidée à subvenir aux besoins de ses frères, se fait embaucher dans cette boutique géante qui ruine un à un les petits commerces du quartier. Denise doit alors se faire aux méthodes de cette grande maison, si différente de sa boutique de campagne. Elle y rencontrera diverses personnalités, dont le patron, Octave Mouret, jeune méridional passionné, visionnaire débordant d'idées, mais aussi les vendeuses et commis méprisants, appâtés par le gain.
Par son vocabulaire riche et soigné, Zola nous décrit petit à petit l'expansion phénoménale du magasin et la lente agonie des petits commerçants, à travers l'humble regard de Denise, sciée entre ces deux mondes opposés. Au fil du temps, la provinciale rustique se change en femme et, tout comme le Bonheur, gagne en splendeur. Les descriptions de l'auteur sont magnifiques, pleines de vie. On sent l'époque revivre entièrement sous sa plume.
De la grande bourgeoisie fortunée, à la petite noblesse ruinée qui veut sauver les apparences, en passant par les petits commerçants étouffant dans leurs boutiques malsaines, rien n'est laissé de côté. Tout est précis, exactement reconstitué grâce à une documentation très riche que l'auteur a lui-même rassemblé. Le lecteur revit ainsi avec émotion les grands changements du Paris de l'époque, avec l'apparition des grands magasins et la percée des grands boulevards Haussmann, une véritable révolution pour les habitants d'alors.
Au Bonheur des Dames est donc un roman plein de passion, écrit d'une plume magnifique, qui m'a laissée bouche bée. A mon avis, il s'agit là d'un bel exemple de ce que fut la langue française dans toute sa splendeur et son raffinement. La variété des mots semble infinie et laisse couler l'histoire rapidement, sans un moment d'ennui. Tout repose sur l'émerveillement du lecteur ébahi, et le réalisme, abreuvé par la passion de Zola pour l'hérédité.
Au Bonheur des Dames
Une critique signée Plexus
Inscrit le 29 juin 2010  |   16 critiques publiées
Catégorie(s) préférée(s) : Polars - Thrillers, Romans historiques
Plexus

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Aline

Un roman que j'avais lu au lycée et que j'avais beaucoup apprécié. Les descriptions sont pour moi parfaites.

Un roman que tout le monde devrait lire !


Aline - 07 juin 2012 -