Anamor

Germinal

Critique de l'œuvre

À l’approche du 20e siècle, le nord de la France vit grâce à l’or noir. Le salaire des parents et grands-parents ne suffisant pas à nourrir la famille, les enfants sont également envoyés dans ce trou sans fin dès qu’ils en ont l’âge. Ces salaires, ce sont les sociétés d’exploitation minière qui en définissent le seuil afin d’assurer une forme de précarité. Quand une famille descend à la mine, ce sont des générations qui suivent le même parcours, car il n’y a aucun échappatoire dans cette région. Les Corons abritent donc une caste de population très pauvre et peu instruite.
Ce constat va changer avec l’arrivée d’Étienne Lantier. Ce mécanicien instruit de la région lilloise se retrouve sans travail après avoir giflé l’un de ses supérieurs. Son parcours l’amènera à la mine de charbon du Voreux où il sera engagé en tant que herscheur sous la protection de la famille Maheu. Petit à petit, Étienne va découvrir les conditions de vie quotidienne désastreuses des mineurs. Ces familles qui essayent de survivre, trop fières pour mendier ou se plaindre de leur sort. Le nouvel arrivant va devenir l’un des leurs, mais son instruction va bientôt faire la différence. Lui qui se passionne pour le socialisme, il va devenir le leader d’un mouvement de contestation qui va toucher tout le bassin minier.
Ce fut mon premier roman d’Émile Zola, quelle claque ! Pourtant ce livre dresse de nombreuses barrières pour les lecteurs : un vocabulaire spécifique qui ne sera jamais expliqué, une violence du quotidien crument détaillée, des enfants qui ont un avenir de misère tout tracé … Il faut tenir bon pour continuer la lecture, car le talent d’écriture de l’auteur nous plonge la tête la première dans ce morne environnement. Je pense alors à tous les jeunes collégiens qui ont dû subir ce livre, imposé par leur professeur de français. Si c’est votre cas, donnez une seconde chance à Germinal. Nous avons ici un grand roman intemporel sur la lutte de la classe ouvrière, l’injustice et la misère des hommes (qu’ils soient riches ou pauvres).
Germinal
Une critique signée Rémi
Inscrit le 02 juillet 2010  |   65 critiques publiées
Catégorie(s) préférée(s) : Fantasy, Polars - Thrillers
Rémi

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Nath56

Lecture "imposée" effectivement par le prof de français / histoire-géo de 3ème (Merci Mr Dubreuil !). Je l'ai commencé un mercredi après-midi (il faisait beau, ma mère repassait debout à côté de moi, j'étais affalée sur le canapé) je m'en souviens comme si c'était hier (et ça fait...heu... plus de 30 ans !) Et je l'ai fini... ce même après-midi ! J'étais déjà une "grosse" lectrice, mais là, ma mère a été soufflée ! (il fait quand même plus de 600 pages ! J'ai lu 6h non-stop !) Je me suis trouvée plongée dans la mine, dans cet univers sombre et dangereux et j'ai été littéralement happée par l'écriture de Zola (dont j'ai lu presque tous les bouquins par la suite, mais Germinal reste mon prétéré). Un seul autre auteur m'a laissé un souvenir pareil : Steinbeck avec "Les raisins de la colère" (l'exode de milliers de fermiers américains pendant la grande dépression de 1929). A lire, bien évidemment !


Nath56 - 28 décembre 2014 -