Anamor

La cueilleuse de thé

Critique de l'œuvre

Prix du Club des Lectrices Charleston 2017
Ce roman fait partie du Prix du Club des Lectrices Charleston 2017 !
Ce roman est le lauréat du prix du livre Romantique 2017.
Shemlaheila est cueilleuse de thé dans une plantation du Sri Lanka, une vie qui est loin d’être facile. Non seulement le travail est fatigant et pénible, mais il faut également se méfier de certains hommes, certains kanganis (les contremaîtres qui surveillent la cueillette) qui prennent leur plaisir sans se soucier de savoir si les femmes (souvent des jeunes filles à peine pubères !) sont d’accord ou non…
Shemlaheila vient de perdre sa mère, qui était aussi la maîtresse du Lokaa, le chef de l’exploitation et qui la protégeait. Elle sait que le kangani ne rêve que de profiter d’elle et elle a très peur. Elle décide de s’enfuir afin de lui échapper et de réaliser son rêve, devenir vendeuse dans une boutique de thé.
Même si ça n’est pas le sujet principal du livre, on saisit bien grâce à Shemla la solitude de l’immigrant : seul dans une ville, un pays qu’il ne connaît pas, avec une langue et des coutumes qu’il ne comprend pas toujours…
Le personnage de Shemla est intéressant et plutôt bien développé. On comprend bien ses peurs (elle vit dans un monde où l’homme est tout puissant et où les filles ne décident de rien), ses freins et ses appréhensions (son refus de se mettre en short à un moment donné par exemple, chose impossible en Inde où les femmes doivent cacher leurs formes.)
Même si l’égalité homme-femme n’est pas toujours respectée en France, nous les femmes avons des droits au même titre que les hommes. Il semblerait que ce soit loin d’être le cas en Inde ou au Sri Lanka.
Et l’émancipation de la femme et l’abolition des castes sont loin d’être une réalité si l’on en croit ce roman…
Je suis une buveuse de thé (et de café aussi, l’un n’empêche pas l’autre !) et je ne m’étais jamais posée la question de savoir dans quelles conditions il était ramassé… Ce roman aura eu au moins le mérite de me faire ouvrir les yeux sur les conditions de travail de certaines populations.
Je ne suis pas riche, mais je vais désormais faire attention en faisant mes achats à acheter le plus possible de choses labellisées « commerce équitable »…
Même si ça ne résout pas tous les problèmes de la planète, je saurai au moins que les gens qui ont travaillé pour que je puisse boire mon thé auront été payés correctement !
À la fin de ce roman, je me suis posée plusieurs questions :
Est-ce qu’à notre époque, en 2017, le mariage forcé, les histoires de castes, les viols de jeunes filles ou de femmes seules ou encore les violences domestiques tels que l’on peut les voir dans ce roman existent toujours au Sri Lanka ?
Malheureusement il semblerait que la réponse soit « oui ». Voir ci-dessous le rapport de l’Office Fédéral des Migrations Suisse qui a l’air tout à fait sérieux et très documenté.
Bref, vous l’aurez compris, ce roman ne m’a pas laissée indifférente !!
La cueilleuse de thé
Une critique signée Nath56
Inscrit le 27 octobre 2014  |   151 critiques publiées
Catégorie(s) préférée(s) : Romans étrangers, Romans français
Nath56

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