Anamor

La passion selon Juette

Critique de l'œuvre

Nous sommes au 12ème siècle dans une famille aisée du nord de la France dans l'actuelle Belgique. Juette a 13 ans ; elle est maigre, pâlichonne et n'inspire aucun sentiment à sa mère avec laquelle elle passe de longues heures devant la cheminée à apprendre la couture : à son âge une jeune fille doit savoir coudre et être prête au mariage. Seul son père lui manifeste quelque sentiment. A cette époque la religion dicte la façon de vivre et le clergé a tout pouvoir. Juette s'oppose à toute cette main mise, refuse l'idée du mariage, refuse la manière dont les hommes la regardent et entretient de désagréables relations avec les religieux… Une personne trouve grâce à ses yeux, Hugues, un prêtre, son ami et son confident, qui l'accompagnera de près et de loin jusqu'au bout. Très vite mariée, elle supporte avec honte la promiscuité de son mari ; un premier enfant mort-né puis un second qui survit. Juette a 18 ans : elle devient veuve et libre et décide de tout mettre en œuvre pour faire éclore sa personnalité et se consacrer à sa foi « en direct » avec Dieu. Elle vend les biens de son mari et donne l'argent à la léproserie…
Etonnant ce récit qui n'est pas un roman historique à proprement parlé, mais la réécriture d'un manuscrit de Hugues de Floreffe ; captivante cette Juette : j'ai été conquis et véritablement charmé par cette « gamine » adulte, en fait une sainte laïque, j'ai souffert avec elle, je me suis révolté avec elle…
J'ai aimé le style élégant et concis ; j'ai apprécié la construction de l'ouvrage mettant en parallèle les deux personnages principaux.
On ne peut pas passer à côté d'un tel ouvrage : à lire absolument.
La passion selon Juette
Une critique signée Daniel
Inscrit le 02 avril 2009  |   21 critiques publiées
Catégorie(s) préférée(s) : Romans français, Romans historiques
Daniel

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