Anamor

La terre qui penche

Critique de l'œuvre

Carole Martinez n’est pas seulement une écrivaine, une auteure. C’est aussi et surtout une conteuse.
En ouvrant son livre, assurez-vous d’avoir du temps devant vous, car il est difficile de s’en extraire une fois qu’on a mis le nez dedans...
Elle nous (ra)conte une histoire : l’histoire d’une petite fille qui est morte et de son âme qui a vieilli. (Dis comme ça, ça paraît morbide, détrompez-vous, c’est au contraire plein de vie !)
L’une à côté de l’autre, elles se réchauffent et se tiennent compagnie.
Aux mots, Carole Martinez ajoute une musique. Des refrains qui renforcent le côté presque hypnotique de l’histoire... Ici et là, on retrouve des références, des clins d’œil à des contes connus : Hansel et Gretel ou encore Barbe bleue...
Si j’avais beaucoup aimé son premier livre « Le cœur cousu » je lui avais de loin préféré « Du domaine des murmures » et c’est donc avec grand plaisir que j’ai plongé la tête la première dans cette histoire qui se situe au même endroit, sur les rives de la Loue au sein de cette « terre qui penche ».
Plaisir qui ne s’est pas terni au fil des pages, bien au contraire, ce fût trop court et j’aurai aimé que ce conte se prolonge encore et encore...
Un petit extrait pour vous donner un aperçu de cette très belle écriture :
« La cuisinière voyait tout, mais elle ne lui a rien reproché : elle n’était là que de passage et ce n’était pas à elle de se charger de l’éducation de ce petit chapardeur. Elle s’est même amusée à l’observer lécher son index : elle savait que le carrelage de la cuisine se couvrait tout à coup pour lui de feuilles rouges et de bogues à moitié éclatées, que les couleurs d’octobre ambraient soudain les murs, que l’humus de la grande forêt lui chatouillait les narines. La surprise se dessinait sur les traits du marmiton à mesure que les vents d’automne lui agaçaient le bout de la langue. »
La terre qui penche
Une critique signée Nath56
Inscrit le 27 octobre 2014  |   151 critiques publiées
Catégorie(s) préférée(s) : Romans étrangers, Romans français
Nath56

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