Anamor

Les Chants de la Terre lointaine

Critique de l'œuvre

Afin de faire face à l'explosion du soleil et une destruction imminente de la terre, l'Humanité envoie des vaisseaux spatiaux colonisateurs aux quarts coins de la galaxie, dans l'espoir d'échapper à son destin. Et c'est sur la planète océanique Thalassa qu'une de ces colonies s'est implantée. Mais plusieurs centaines d'années plus tard, les nouveaux habitants de la planète, qui n'ont jamais connu la Terre, voient arriver un nouveau vaisseau avec les derniers survivants de ce qui fut leur monde d'origine. En route vers Sagan 2, ceux-ci font une halte de 2 années afin de réparer les dommages que leur vaisseau a subis lors de la première partie de leur long périple.
Ce roman est un peu différent de ce qu'Arthur C. Clarke a l'habitude de nous proposer. Même si on reste dans le domaine de la science fiction, l'histoire se focalise sur les rapports humains et leurs sentiments, plutôt que sur les aspects technologiques. On aborde plus l'interaction entre les 2 communautés, ou les traumatismes post-apocalyptiques qu'ont vécu les derniers survivants de la Terre, que les détails techniques, comme les différents modes de propulsions ou la cryogénisation des passagers. C'est un livre assez léger, qu'on lit avec plaisir, mais où il n'y a pas vraiment d'intrigue proprement dite. Même si l'événement principal reste la réparation du vaisseau, le livre retrace essentiellement tous les « à côté » du séjour sur Thalassa. Nous suivons les principaux personnages tout au long de ces 2 années, où sont confrontées deux façons de vivre et de voir les choses bien différentes. Sur Thalassa, les habitants ont mis en place un mode de vie et un modèle politique d'autogestion qui fonctionne parfaitement. Absence de besoin, absence de religion, absence de classe sociale et démocratie participative, ne laissent pas les derniers terriens indifférents et c'est au travers de la vie de tous les jours qu'ils découvrent ce mode de vie. Il y aura même une mutinerie au sein du vaisseau, mais qui sera, là encore, traité uniquement du point de vue sentimental, comme si ce qui importait le plus était ce que ressentaient les gens face à un événement, plutôt que l'événement en lui-même.
A partir des années 80, Arthur C. Clarke a développé certains thèmes philosophiques et religieux qui sont devenus récurants dans la suite de sa carrière. Habituellement mêlés dans une intrigue SF, ils sont ici sur le devant de la scène. On pourrait même y trouver quelques analogies avec les derniers tomes du cycle Rama et la façon dont Arthur C. Clarke explore la société. Même si il ne s'agit pas de pure science fiction, et même si l'histoire proprement dite est assez sommaire, le livre se lit assez bien et peut servir de break entre 2 lectures plus pointues.
Les Chants de la Terre lointaine
Une critique signée Adol
Inscrit le 01 février 2010  |   23 critiques publiées
Catégorie(s) préférée(s) : Science fiction, Polars - Thrillers
Adol

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