Anamor

Les Seigneurs de guerre 1, L'impératrice de Mijak

Critique de l'œuvre

Fleuve Éditions
Ce roman nous a été offert par les éditions Fleuve Éditions !
Fulie est une jeune enfant née dans un village très pauvre au Nord de Mijak. Devenue esclave suite aux passages du négociant Abajai qui la prendra sous son aile pour lui apprendre à parler et à se comporter afin de la vendre au plus cher, elle ne se laissera pas amadouer et profitera de la première occasion pour s'enfuir. Dans la ville d'Et-Raklion, trop grande pour se cacher (un esclave qui s'enfuit est voué à une mort publique atroce), elle se lacère ce beau visage qui en aurait fait une esclave chèrement vendue et rejoint l'armée du Seigneur de guerre.
Rapidement, son entrainement rigoureux et ses facultés de danseuse de poignards ne laisseront pas Raklion (Seigneur de guerre d'Et-Raklion) insensible et elle entrera, en l'espace de quelques Zénith (mesure du temps), dans ses petits papiers. Commence alors pour elle une autre vie qui lui vaudra d'être la femme du Seigneur de guerre, la mère du futur Seigneur de guerre et de devenir la femme la plus importante d'Et-Raklion voire de tout Mijak.
Après le diptyque La prophétie du Royaume de Lur qui fut un énorme succès (avis personnel), la série Les Seigneurs de guerre était attendue au tournant. Malheureusement le résultat n'est pas à la hauteur des espérances. Expliquons.
Tout commence pourtant bien, Karen Miller nous plonge dans son nouvel univers, s'attachant à nous conter avec force détails les us et coutumes du peuple de Mijak (les autres peuples n'intervenant que vers la fin du livre et étant succinctement décrits). Comme pour son œuvre précédente, l'histoire et la situation géopolitique actuelle de Mijak est longuement tracée. Génial !
Un monde très hiérarchisé aux allures orientales, avec au plus bas, les esclaves, puis le peuple (qui n'intervient malheureusement jamais), les guerriers, les seigneurs de guerre et enfin les émissaires qui ont les plus grands pouvoirs célestes. Sans oublier Dieu lui-même, invisible mais qui voit tout, sait tout, un dieu omniscient qui se manifeste au travers d'élus.
Karen Miller construit son épopée sur le thème du fanatisme avec son personnage principal, Fulie, femme belliqueuse et odieuse, mère méchante et sans cœur ni compassion dont la seule préoccupation est la réalisation des besoins du dieu. Mais elle n'est pas la seule, la quasi-totalité des personnages sont ainsi. Où sont passés les émotions positives, l'amour, la joie et la gentillesse ? L'humour, si présent dans Le Royaume de Lur ne l'est malheureusement plus dans Les Seigneurs de guerre et est remplacé par du sang et des morts (humaines et animales).
Outre ce fanatisme omniprésent et déroutant, Miller sombre dans la démesure avec des sacrifices quotidiens gigantesques, des milliers d'animaux tués tous les jours en l'honneur de ce dieu, avide de sang, de conquêtes, et de pouvoir. Doit-on y voir une quelconque réflexion sur les guerres de religion ?
Un bilan mitigé car certains éléments sont vraiment prometteurs et la fin du premier tome pousse à lire le second tome.
Les Seigneurs de guerre 1, L'impératrice de Mijak
Une critique signée Nicolas
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Catégorie(s) préférée(s) : Fantasy, Polars - Thrillers
Nicolas

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