Anamor

Mémé

Critique de l'œuvre

Philippe Torreton nous parle de sa grand-mère, sa « mémé » comme il l’appelait. Il nous raconte tout. Sa maison, humide et rafistolée, ses meubles de cuisine aux portes qui claquent à cause des aimants, sa cuisine avec le plan de travail en contreplaqué recouvert de plastique. On saura tout des problèmes d’étanchéité de cette maison, du revêtement plastique aux coins qui se décollent et des fenêtres scotchées en hiver.
Il nous raconte la vie de cette grand-mère qui a traversé le siècle, qui a connu un temps où il n’y avait ni électricité, ni eau courante. Un temps où l’on se contentait de peu, où l’on rafistolait, on réparait, on n’était pas des « consommateurs »...
Pour celles et ceux, qui, comme moi, ont, à peu près, le même âge que l’auteur, on retrouve avec plaisir, dans sa description de la maison et de la vie de sa grand-mère, des choses qu’on a également croisé chez nos grands-parents, des objets, des souvenirs de jeux, d’émission de radio ou tv.
A travers l’histoire de sa mémé et de celle de sa ferme, c’est l’histoire de son enfance que Philippe Torreton nous livre ici. C’est également et surtout, on le sent tout au long des pages, son amour profond pour sa mémé.
Un petit extrait ? « Tout ce qu’elle mangeait venait de son ici, et son ailleurs le plus lointain était un Prisunic pour les nouilles, le tapioca ou le savon qui venait perdre son accent sur l’évier de la cuisine. Le reste poussait là, dans son potager, de l’autre côté des coquilles Saint-Jacques qui finissaient leur vie de coquillages recyclés en bordure de jardin. Pour la crème, il fallait pousser de l’autre côté de la haie, épaisse pour la mère, liquide pour la grand-mère ou le contraire (...) Pour les légumes, on pédalait chez la sœur de la crémière qui habitait plus haut et faisait pousser sa moustache et ses poireaux près de la forêt. Notre supermarché faisait donc six cent mètres de long et ne possédait que trois rayonnages, trois femmes solides et seules... »
Un livre que je vous encourage à lire, plein de tendresse, de nostalgie et d’amour !
Mémé
Une critique signée Nath56
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Catégorie(s) préférée(s) : Romans étrangers, Romans français
Nath56

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