Anamor

Mortes-eaux

Critique de l'œuvre

Pellestrina est une petite île située dans la lagune de Venise. Ses habitants sont pour la plupart des « vogonlari », des pêcheurs de palourdes.
En cette nuit de début mai, tout Pellestrina dormait tranquillement, quand, à 3h30 du matin, une terrible explosion réveilla la population. Il s’avéra que c’était le « squallus », le bateau de Giulio Bottin et de son fils Marco qui avait pris feu, explosé et coulé. Et tout le monde s’aperçut soudain que les Bottin père et fils n’étaient pas là et chacun de chercher alors à se souvenir de la dernière fois qu’il les avait vus…
Un extrait : « La première à poser la question qui les fit taire tous –le silence se propageant lentement dans la foule comme l’infection d’une plaie mal soignée- fut Chiara Petulli, la voisine de Giulio Bottin. Elle se tenait au premier rang de la foule, à seulement deux mètres du gros bollard métallique d’où pendait encore l’amarre calcinée qui avait jusqu’ici immobilisé le Squallus à son mouillage. Se tournant vers la veuve d’un pêcheur mort accidentellement un an avant et qui se tenait à côté d’elle, elle demanda : « Mais où est passé Giulio ? » La veuve regarda autour d’elle et répéta la question. Sa voisine la reprit et la propagea, jusqu’à ce que, en quelques instants, elle ait parcouru toute la foule – sans que personne n’y réponde. »
De cette auteure, j’avais déjà lu –et apprécié- « L’affaire Paola ». Je n’ai pas été déçue avec cette nouvelle aventure du commissaire Brunetti qui nous emmène un peu en dehors de Venise, sur une petite île aux coutumes d’un autre âge. Entre loi du silence et solidarité entre pêcheurs, la tension est lourde et Brunetti aura du mal à démêler les fils de cette histoire… D’autant plus de mal qu’il est un peu troublé par la jeune et jolie secrétaire du questeur, Elettra. Une histoire toute en finesse qui donne envie d’aller en Italie !
Italie, où, pour la petite histoire, Donna Leon refuse que ses livres soient édités. En effet, elle habite Venise, et mène la vie tranquille d’une personne anonyme, alors que ses romans sont traduits dans plus de 20 langues et qu’elle est célèbre dans le monde entier. Si ces romans étaient traduits en Italie, il y a fort à parier qu’elle ne bénéficierait plus de cette tranquillité…
Mortes-eaux
Une critique signée Nath56
Inscrit le 27 octobre 2014  |   151 critiques publiées
Catégorie(s) préférée(s) : Romans étrangers, Romans français
Nath56

Le coin des internautes

Pas encore d'avatar