Anamor

Ni d'Eve ni d'Adam

Critique de l'œuvre

Son père ayant été Consul au Japon, Amélie y a passé les 6 premières années de sa vie. En ayant gardé un très bon souvenir, arrivée à l’âge adulte, elle a souhaité y retourner et y passer un peu de temps.
Avant d’être l’employée très malheureuse d’une grande entreprise japonaise, expérience qu’elle raconte dans « Stupeur et tremblements », Amélie, pour améliorer sa connaissance de la langue japonaise, décide de donner des cours de français.
Ce faisant, elle rencontre Rinri, un jeune homme étonnant avec qui elle va avoir une aventure. C’est donc cette histoire d’amour, ce temps de vie partagé avec ce jeune homme, leurs balades, ses découvertes et parfois ses malaises, qu’elle nous conte ici.
On apprend au passage quelques bribes de culture japonaise.
Et c’est souvent très drôle ! N’ayant pas lu de roman d’Amélie Nothomb depuis longtemps (après avoir été déçue par l’un d’entre eux, je ne sais même plus lequel) j’avais oublié à quel point son humour et sa plume me plaisaient !
Lu dans le cadre du challenge « Le mois du Japon » de Lou et Hilde (sans lequel il serait resté abandonné sur une étagère), ce roman m’a permis de retrouver Amélie Nothomb avec beaucoup de plaisir. Une Lecture Commune avec Blandine.
Adapté au cinéma en 2015 sous le titre « Tokyo Fiancée ».
Il a reçu le prix de Flore en 2007 et a fait partie de la sélection du Goncourt et du Renaudot cette même année.
Un extrait : « Je contemplai la préparation de la pâte à crêpes, puis la cuisson des Okonomiyaki. Cette odeur de chou, de crevettes et de gingembre grésillant ensemble me reporta 16 années en arrière, à l’époque où ma douce gouvernante Nishio-san me concoctait le même régal, que je n’avais plus jamais remangé depuis. (…) Rinri ouvrit la brique de sauce d’Hiroshima en suivant les pointillés et la posa au centre de la table basse. ‘What’s that ?’ gémit Amy. Je saisis le carton et respirai avec nostalgie ce parfum de prune amère, de vinaigre, de saké et de soja. J’avais l’air de me droguer au tétrapack. Quand je reçus mon assiette de crêpe farcie, je perdis mon vernis de civilisation, arrosai de sauce sans attendre personne et attaquai. Aucun restaurant japonais au monde ne propose cette cuisine populaire si atrocement émouvante, à la fois si simple et si subtile, si bon enfant et si sophistiquée. J’avais cinq ans, je n’avais jamais quitté les jupes de Nishio-san et je hurlais, le cœur déchiré et les papilles en transe. »
Ni d'Eve ni d'Adam
Une critique signée Nath56
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Catégorie(s) préférée(s) : Romans étrangers, Romans français
Nath56

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