Anamor

Nord-nord-ouest

Critique de l'œuvre

Nord-nord-ouest, c’est l’histoire d’une fuite. Celle de Lucky et du Petit tout d’abord, vite rejoints par la Fille.
Au fil de l’histoire, tout au long de cette expédition désabusée vers l’Angleterre, on comprend que Lucky et le Petit ont vécu ou fait quelque chose de grave, de dramatique.
La Fille, elle, est là parce qu’elle s’ennuyait et qu’elle s’est entichée de Lucky.
Ils sont venus du Sud, ont grandi près de la Méditerranée. Mais c’est en arrivant à St Malo que Lucky a une idée folle : ils vont voler un voilier pour traverser la Manche et rallier l’Angleterre...
Une drôle d’histoire, pleine de non-dits. On finira par savoir ce qui a motivé la fuite de Lucky et du Petit, mais on n’en saura pas vraiment plus sur ces trois personnages. Tout ce qu’on nous dit, c’est au présent. Les ressentis, le froid, l’humidité, l’ennui, la faim et la peur parfois pour ces 3 personnes embarquées sur un voilier pour traverser la Manche en automne, sans rien connaître ou presque de la navigation à voile, sans instruments, sans cartes, bref, sans repères (un peu comme leur vie, quoi !).
Ce qui m’a le plus dérangé dans ce roman, ce sont tous ces termes de voile, de marins. J’habite près de l’océan, mais, souffrant du mal de mer, j’évite le plus possible de monter sur les bateaux ! En conséquence de quoi je n’y connais absolument rien. Cela n’empêche pas de comprendre le gros de l’histoire, mais il est du coup plus difficile de se mettre dans l’ambiance, d’imaginer et de visualiser ce que font les personnages.
Beaucoup de descriptions, peu de dialogues et un rythme assez poussif par moments. Et nous voilà à l’arrêt, tel ce voilier que la pétole condamne à l’immobilité.
Comme eux sur l’eau, j’ai eu parfois du mal à avancer dans ce roman tant leur ennui me déteignait dessus. Puis, telle une vague entrainante, le récit reprenait et je reprenais ma lecture...
J’aurai au moins enrichi un peu mon vocabulaire, c’est toujours ça !
Un huis clos intéressant, mais, à mon avis, réservé aux passionnés de navigation à voile, ou, au moins, aux connaisseurs du vocabulaire marin.
Un extrait : « La Fille tenta de corriger sa trajectoire en remontant vers le vent. Mais les voiles faseyèrent et elle dut reprendre son cap initial. A présent, ils fonçaient sur le bateau gris. Elle allait abattre et passer derrière l’étrave, lorsqu’ils virent les rochers noirs de la côte affleurer dans le maigre d’eau. (…) L’inerte drossa Slangevar contre le cotre gris, sans qu’ils ne puissent rien y faire. Les haubans de l’un raclèrent contre ceux de l’autre avec une vibration de contrebasse. Malgré les grincements du bois glissant contre l’acier, ce fut comme si le gros voilier les envoyait au diable. Slangevar ripa contre la lisse et reprit de l’erre, comme si de rien n’était. »
Une chose est sûre : après avoir lu ce roman, je ne suis pas près de mettre les pieds sur un voilier !!
Nord-nord-ouest
Une critique signée Nath56
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Catégorie(s) préférée(s) : Romans étrangers, Romans français
Nath56

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