Anamor

Nous étions faits pour être heureux

Critique de l'œuvre

Serge a 60 ans, il est marié avec Lucie, ils ont deux enfants, ils sont heureux.
Un jour, il est attiré par Suzanne, une femme qui, selon ses critères, n’a rien d’extraordinaire et certainement rien de plus que sa propre femme Lucie qui est jeune, belle et toujours souriante.
Pourtant c’est à Suzanne et à elle seulement que Serge racontera l’enfant qui est en lui, ses blessures, ses attentes.
Suzanne se rendra vite compte que Serge ne cherche qu’une oreille attentive : « J’enviais tous ceux qui n’étaient pas sur ce balcon rue de Rome avec un homme dont les mots sortaient de la bouche comme les serpents des princesses maudites »… « Je n’avais pas envie d’être une sainte. J’avais envie d’être choisie pour autre chose que cette disponibilité et cette écoute pour lesquelles Serge m’avait désirée. »
Renoncement. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit en fermant ce roman.
C’est le deuxième roman de Véronique Olmi que je lis (le premier était « Bord de mer » : terrible, qu’est-ce que j’ai pu pleurer !) et ce mot de renoncement aurait très bien pu lui convenir aussi.
J’ai entendu parler de « mélo » à propos de « Nous étions faits pour être heureux » et j’avoue que je n’ai pas compris. Si l’on en croit la définition du dictionnaire, un mélo, c’est « un drame populaire caractérisé par le pathétique, le sentimentalisme et des situations invraisemblables ».
Même si ce n’est pas totalement faux (pathétique, dans le sens « qui émeut, qui touche », c’est vrai), quant à la situation invraisemblable, il y en a une aussi, celle de la rencontre.
Mais c’est avant tout l’histoire d’un homme qui est en manque : manque d’enfance, manque d’amour, manque de paroles… Un homme qui a un secret de famille, un secret d’enfant qui le ronge et l’empêche de vivre pleinement. Il est conscient de ses manques, conscient de son incapacité à créer des liens avec son fils, mais qui n’arrive pas à passer outre.
C’est une histoire triste, terrible, une histoire de gens mal-aimés, de vies brisées, mais c’est malgré tout un très beau roman que je vous encourage à lire. Quant à moi, c’est sûr, je lirai les autres romans de cette auteure !
Nous étions faits pour être heureux
Une critique signée Nath56
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Catégorie(s) préférée(s) : Romans étrangers, Romans français
Nath56

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Aline

Je suis du même avis que toi Nath. C'est un beau roman émouvant et sans prétention. Une auteure qui mérite d'être connue davantage !


Aline - 30 mai 2015 -