Anamor

Romanesque

Critique de l'œuvre

Le premier chapitre nous présente deux amants en fuite vers une destination précise, un endroit qui leur permettra, enfin, de se retrouver et de vivre en paix, loin des hommes. Mais pour le moment, une pièce de théâtre a attiré leur attention et leur fuite devra attendre deux heures de plus.
Dans le chapitre suivant, nous sommes en France, au Moyen-âge. Dans les bois, une glaneuse cherchant des baies, rencontre par hasard un braconnier se rendant au marché vendre les lièvres qu’il a pris au collet.
L’effet est immédiat. Soudain, plus rien n’existe, il n’y a plus qu’eux. On pourrait les envier, le fameux « coup de foudre » n’arrive pas à tout le monde. Leur amour est si grand, si fort, qu’ils se suffisent à eux-mêmes. Ce qui n’est pas fait pour plaire à leur entourage, qui trouve vite à redire à cet amour fusionnel et à cet isolement...
Dire de ce roman que c’est un roman d’amour ou plutôt sur l’amour, ce n’est pas complètement faux, mais c’est bien trop court. On pourrait dire également que c’est un roman d’aventure car les deux amants en vivront beaucoup. C’est aussi un conte à travers le temps et l’espace. Mais c’est en fait beaucoup plus que tout ça. Ici et là, sous les voiles de cette belle histoire, se cachent de nombreuses critiques : critique des gens qui surveillent leurs voisins, des jaloux, des envieux... critique du monde moderne, de la vision étroite de certains, critique aussi de la religion ou plutôt de ceux qui la servent ! Beaucoup de choses ici poussent à s’interroger sur la société, sur le monde dans lequel on vit.
J’ai déjà lu (et aimé) plusieurs romans de Tonino Benacquista, mais celui-ci est à part et c’est un vrai coup de cœur !
Un extrait, la rencontre (p.18) : « Dans les légendes, le destin aime s’annoncer d’un roulement de tambour et frapper d’un coup de cymbale, or rien, ce matin-là, n’avait présidé à la rencontre de cet homme et de cette femme, préoccupés par des pensées bien plus prosaïques : à quel prix allait-il vendre les deux lièvres pris dans ses collets ? Allait-elle retrouver ce coin riche en cassis et en airelles dont les châtelains sont friands ? Mais soudain, en apercevant au loin la silhouette de l’autre, leur sang se glace, leur pas vacille. Un vertige qui dure moins d’une minute, le temps pour eux de rompre avec le monde d’avant, car plus jamais pareille occasion de se débarrasser des fardeaux de l’esprit ne se représentera. »
Romanesque
Une critique signée Nath56
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Catégorie(s) préférée(s) : Romans étrangers, Romans français
Nath56

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