Anamor

Tant que nous sommes vivants

Critique de l'œuvre

Bo et Hama travaillent à l'usine. Bo fait partie de l'équipe de jour, Hama de celle de nuit. Un matin, ils se croisent et soudain, plus rien n'existe. Toute la semaine ils se croisent, le dimanche ils se retrouvent, se parlent, vivent, courent, s'aiment, rient, etc.
« Tant que nous sommes vivants » est une histoire difficile à résumer. C’est une histoire d’amour, mais pas seulement. Il y a tant de choses dans ce roman qui se prend parfois pour un conte !
Extrait : « Le premier dimanche où on les aperçut ensemble, c'était le long du fleuve, sur la promenade. Sous un ciel lessivé par les pluies, ils marchaient main dans la main, elle toute petite contre son épaule. Un chien errant leur avait emboité le pas. Ils riaient. A leurs gestes, on devinait sans peine qu'ils avaient passé la nuit dans le même lit, et à leurs yeux, qu'ils n'y avaient pas beaucoup dormi. »
J’aime beaucoup Anne-Laure Bondoux. Ou, plus précisément (puisque je ne la connais pas !) j’aime beaucoup ses romans : j’ai adoré « Pépites », les deux « Linus Hoppe » ou encore « Le temps des miracles », un peu moins « Les larmes de l’assassin ».
Ce roman-ci, même s’il m’a plu, m’a laissé un peu perplexe. On dirait tout à la fois un roman, un conte, un manifeste politique ou encore une pièce de théâtre.
Beaucoup de sujets sont abordés : la vie, la mort, la naissance, les racines (origines), la guerre, le travail, l’amour, le sens de la vie, la difficulté d’être mère, la liberté, les rêves, etc.
Un dernier extrait : « Nos villes, autrefois si grasses, devinrent sèches et laides. Les unes après les autres, nos usines cessèrent de produire, précipitant sur les routes des armées d’ouvriers aux mains vides. (…) Bientôt, nos enfants eurent faim, et comme chacun redoutait de perdre le peu qui lui restait, la peur nous enveloppa dans son haleine glaciale. Plus de drapeaux, plus de désirs, plus de rêves : le feu qui nous avait habité s’était éteint, et notre communauté se replia sur elle-même. »
Il a reçu le grand prix SGDL (Société des Gens de Lettres) en 2015 ainsi que le prix de La voix des blogueurs.
Tant que nous sommes vivants
Une critique signée Nath56
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Catégorie(s) préférée(s) : Romans étrangers, Romans français
Nath56

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