Anamor

Underground Railroad

Critique de l'œuvre

Albin Michel
Ce roman nous a été offert par les éditions Albin Michel !
Cora, 16 ans, vit depuis sa naissance, en esclave sur une plantation de coton, chez les Randall, comme sa mère et sa grand-mère avant elle. Guidée par son instinct de survie, elle décide de suivre Caesar et s'enfuit avec lui en direction du Nord (l'actuel Canada), vers les Etats abolitionnistes où ils pourront vivre librement. Pour ce faire, ils utiliseront le célèbre chemin de fer clandestin, "l'Underground Railroad." Entre espoir et désillusion, Cora continuera de se battre pour sa vie. Mais la traque du chasseur d'esclave Ridgeway, la poussera à fuir toujours plus, pour échapper à son triste destin. Si elle devait retourner chez son maître, elle sait qu'elle n'y survivrait pas.
Pour ce roman, Colson Whitehead a été récompensé par le National Book Award en 2016 et le prix Pulitzer en 2017.
Il retrace une partie très sombre de l'histoire américaine. À travers Cora, nous découvrons une vie de violence absolue et de peur perpétuelle, envers ceux de son "espèce", traitée pire que du bétail. Durant ce périple traversant la Caroline du Sud, l'Indiana et le Tennessee, nous ferons la connaissance de ces personnes qui lui ont apporté leur aide au péril de leur vie, tantôt la cachant dans un grenier, tantôt dans une cave, lui apportant nourriture, réconfort et l'aidant à voyager pour atteindre la gare suivante. Et puis il y a ceux qui l'ont dénoncé ou pourchassé pour qu'elle soit ramenée à son maître. Le point de vue de plusieurs personnes (esclaves, chasseurs d'esclaves et âmes charitables) nous permet d'avoir une vue d'ensemble sur les tensions que générait cette chasse à l'Homme constante.
L'auteur traite le sujet de manière très réaliste. Toutefois, si l'Underground Railroad est matérialisé ici comme une voie ferrée souterraine, il n'en est rien. Il s'agissait en réalité d'un réseau de personnes qui aidaient les esclaves fugitifs à aller vers le nord pour être libre. Des codes étaient utilisés au sein du réseau. Par exemple, une cargaison ou un colis faisait référence aux passagers clandestins. Le terme de gare ou station faisait référence à des refuges, et les "chefs de gare" étaient les personnes qui accueillaient les fugitifs chez eux quelques temps.
Cette lecture, de par sa réalité, m'a donné froid dans le dos. 30 000 à 40 000 fugitifs ont trouvé refuge en Amérique du Nord, mais combien ont péri en essayant d'atteindre cette terre promise ?
Un extrait :
« Nos ancêtres sont venus de toutes les régions du continent Africain. (...) Ils avaient des coutumes différentes, des moyens de subsistances différents, ils parlaient cent langues différentes. Et ce grand mélange a été emmené vers l'Amérique dans les cales des navires négriers. Leurs fils et leurs filles ont récolté le tabac, cultivé le coton, travaillé dans les plus vastes domaine et les plus petites fermes. Nous sommes des artisans, des sages-femmes, des prêcheurs et des colporteurs. ce sont des mains noires qui ont construit la maison blanche. (...) Nous ne sommes pas un peuple mais une multitude de peuples différents. »
Underground Railroad
Une critique signée Mosaik
Inscrit le 17 mai 2017  |   39 critiques publiées
Catégorie(s) préférée(s) : Polars - Thrillers, Romans fantastiques
Mosaik

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